Les dépôts à terme (FD) ont longtemps été considérés comme l’une des options d’investissement les plus sûres pour les épargnants indiens. En déposant une somme forfaitaire pour une durée fixe – allant généralement de sept jours à 10 ans – les investisseurs bénéficient de taux d’intérêt prédéterminés et de rendements stables, souvent supérieurs à ceux des comptes d’épargne. Actuellement, de nombreuses grandes banques proposent des taux d’intérêt FD d’environ 8 % par an, les seniors bénéficiant de rendements légèrement plus élevés.
Toutefois, les experts financiers préviennent que la perception de sécurité peut parfois être trompeuse, en particulier lorsque les investisseurs recherchent des taux d’intérêt inhabituellement élevés.
L’expert en patrimoine et en investissement CA Nitin Kaushik a récemment mis en lumière un cas qui souligne les risques cachés derrière les offres FD apparemment attrayantes. L’un de ses clients de l’Haryana a perdu près de 60 lakh ₹ après avoir placé sa retraite dans un programme de dépôt à intérêt élevé proposé par une banque coopérative.
Le client avait reçu 85 lakh ₹ dans le cadre d’un plan de retraite volontaire (VRS). À la recherche d’un revenu stable après sa retraite, il a investi la majeure partie du montant dans un dépôt à terme d’une banque coopérative qui offrait un intérêt annuel d’environ 11 %, nettement supérieur aux taux proposés par les grandes banques commerciales.
Sur le papier, l’investissement paraissait idéal. Le dépôt devait générer environ 78 000 ₹ par mois d’intérêts, créant ainsi une pension privée pour le retraité.
Mais ce rendement inhabituellement élevé comportait des risques cachés.
Selon Kaushik, des taux d’intérêt bien supérieurs à ceux proposés par les grandes banques indiquent souvent que l’institution prête à des emprunteurs à plus haut risque. Alors que les grandes banques peuvent prêter à des taux plus bas aux emprunteurs solvables, les petites institutions offrant des taux de dépôt plus élevés financent généralement des prêts à des segments plus risqués à un taux d’intérêt de 15 à 18 %.
« Dans de nombreux cas, les investisseurs pensent qu’ils font preuve de prudence en choisissant les dépôts à terme. Mais si le taux d’intérêt est inhabituellement élevé, cela peut indiquer que le portefeuille de prêts sous-jacent est plus risqué », a déclaré Kaushik.
Dans ce cas, la banque coopérative a fini par s’effondrer. La Reserve Bank of India a imposé des restrictions de retrait, limitant le montant auquel les déposants pouvaient accéder depuis leurs comptes. Les paiements d’intérêts ont cessé et les déposants n’ont pas pu retirer librement leurs fonds.
La situation s’est aggravée avec le début de la procédure de liquidation. Contrairement aux krachs boursiers, où les investisseurs constatent la volatilité en temps réel, les pertes dans ce cas se sont déroulées en douceur – à travers le gel des comptes et un accès restreint aux fonds.
La réalité la plus douloureuse pour l’investisseur est survenue lorsqu’il a pris connaissance des limites de l’assurance-dépôts. Selon les règles de la Société indienne d’assurance des dépôts et de garantie de crédit (DICGC), les dépôts bancaires ne sont assurés que jusqu’à 5 lakh ₹ par déposant et par banque.
Sur son investissement de 85 lakh ₹, seuls 5 lakh ₹ étaient entièrement protégés. Le montant restant dépendait du recouvrement lors de la procédure de liquidation.
Après des années d’attente, le client a réussi à récupérer moins de 30 % de son capital, entraînant une perte permanente d’environ 60 lakh ₹.
Cette affaire met en lumière une leçon cruciale pour les investisseurs : des taux d’intérêt plus élevés ne signifient pas nécessairement des investissements plus sûrs. Selon les experts, la véritable sécurité réside dans la solidité institutionnelle, la diversification et la liquidité, plutôt que dans la recherche des rendements les plus élevés.
Pour les investisseurs, le message est simple. Si un taux de dépôt semble nettement supérieur à celui proposé par les grandes banques bien réglementées, ce n’est peut-être pas une meilleure affaire – il peut simplement s’agir d’un investissement à plus haut risque déguisé en sécurité.