Budget 2024 | Le gouvernement joint le geste à la parole en simplifiant le cadre fiscal

Les propositions du budget de l'Union 2024-25 renforcent l'engagement de l'Inde à simplifier le système fiscal, à rationaliser les litiges fiscaux et à favoriser la croissance dans de nombreux secteurs. Ces réformes promettent non seulement des résultats plus certains pour les entreprises, mais alignent également l'Inde sur les meilleures pratiques internationales.

Parmi les propositions fiscales phares bienvenues figurent la suppression de la taxe d'égalisation de 2 % (EL) et de la taxe sur les business angels, ainsi que la rationalisation des taux d'imposition des plus-values ​​et des délais d'imposition. Il est proposé de réduire le taux d'imposition global des sociétés étrangères de 40 % à 35 % (plus la surtaxe et la taxe fiscale applicables).

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Les principaux changements sont décrits ci-dessous.

Plus de 2% EL sur les ventes ou les approvisionnements en e-commerce

Cette EL a eu un impact non seulement sur les entreprises de commerce électronique classiques, mais aussi sur celles qui fournissent des fournitures ou des services par le biais de tout moyen ou installation numérique, comme la conduite de conférences, de cours ou de webinaires en ligne. Cette taxe, bien que visant à protéger l'assiette fiscale de l'Inde en ce qui concerne les revenus gagnés par les entreprises sans établir de présence en Inde, compte tenu de sa vaste portée, a entraîné une charge de conformité accrue pour un certain nombre d'entreprises et est considérée comme un coût supplémentaire pour faire des affaires en Inde. En effet, l'EL n'est pas une « taxe » au sens de la législation fiscale indienne, mais une taxe relevant d'un code distinct, qui peut ne pas bénéficier des conventions fiscales et être reconnue par la juridiction d'origine des entreprises offshore aux fins de l'octroi de crédits d'impôt étrangers. L'Inde a montré à maintes reprises son engagement envers la solution à deux piliers de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) visant à relever les défis posés par l'économie numérique, en suivant le consensus mondial et en supprimant les mesures unilatérales comme l'EL, ce qui constitue en effet un pas dans cette direction.

Fin des ennuis liés à la taxe des anges

Un autre changement important est la suppression de la taxe sur les business angels, c’est-à-dire la taxe payable par une société indienne à capital fermé sur la prime perçue lors de l’émission d’actions excédant la juste valeur. Cette disposition était initialement applicable aux souscriptions d’actions par des investisseurs résidents afin de freiner le flux d’argent non comptabilisé par le biais d’injections de capitaux à prime importante non soutenue par les valorisations sous-jacentes des sociétés investies. Cependant, l’année dernière, cette mesure anti-abus a également été étendue aux investissements des non-résidents et a été considérée comme allant au-delà de l’intention de cette disposition. Pour les non-résidents qui investissent en Inde, il existe suffisamment de freins et de contrepoids dans le cadre des lois sur le contrôle des changes et l’ajout de cette exigence d’évaluation fiscale à l’injection de capitaux a entraîné complexité et incertitude. Bien que le gouvernement ait introduit des méthodes d’évaluation supplémentaires et des assouplissements pour les investisseurs qualifiés, il a causé des difficultés aux startups recevant des investissements sous forme d’investissements primaires et secondaires à des valorisations différentes pour de bonnes raisons commerciales et non dans le but d’éviter l’impôt. Reconnaissant cela, le gouvernement propose de supprimer cette disposition fiscale dans son intégralité sans aucune condition, ce qui est une bonne chose.

L'impôt sur les rachats sera remplacé par un impôt au niveau des actionnaires

L’autre changement clé consiste à remplacer la taxe sur les rachats par une taxe au niveau des actionnaires sur les distributions reçues d’une société lors du rachat de ses actions. La taxe sur les rachats est une taxe supplémentaire d’environ 23 % payable par la société, les revenus étant exonérés entre les mains des actionnaires. Elle est similaire à la taxe sur les distributions de dividendes (DDT) à laquelle les sociétés étaient confrontées jusqu’en mars 2020. À compter du 1er avril 2020, le régime de la DDT a été aboli, transférant l’incidence fiscale de la société aux actionnaires.

La nouvelle proposition vise à traiter les distributions de rachat comme des revenus de dividendes pour les actionnaires, et le prix de base en actions sera disponible en tant que perte en capital (à compenser avec d'autres gains en capital). En conséquence, les actionnaires résidents paieraient un impôt d'environ 36 % tandis que les non-résidents paieraient un impôt de 20 % (plus une surtaxe et une taxe), mais pourraient bénéficier de taux de convention fiscale généralement compris entre 5 % et 15 % (sous réserve de prouver l'éligibilité à la convention à la lumière des règles anti-abus). Les non-résidents devraient également pouvoir demander un crédit d'impôt payé en Inde sur les impôts dans leur juridiction d'origine, ce qui n'était pas le cas avec l'impôt sur le rachat payé au niveau de la société.

Avant l’introduction de la taxe sur les rachats (en 2013), les revenus de rachat étaient traités comme des gains en capital entre les mains des actionnaires, bénéficiant des dispositions des conventions fiscales qui offraient une imposition nulle (comme les conventions avec Singapour et Maurice). Les conventions fiscales ont été modifiées en 2017 pour mettre fin à cette exonération fiscale sur les gains en capital. Malgré cela, les gains en capital à long terme bénéficient de taux d’imposition préférentiels par rapport aux revenus de dividendes et, par conséquent, le traitement proposé est fiscalement désavantageux par rapport au traitement fiscal des gains en capital.

Simplification du régime fiscal des plus-values

Le gouvernement propose de simplifier les seuils de période de détention qui déterminent si les gains sont de nature à long ou à court terme et les taux d’imposition des gains en capital pour diverses catégories d’actifs. Ces propositions ont suscité une réaction mitigée de la part des contribuables, car certains pourraient gagner tandis que d’autres pourraient perdre dans le cadre du régime proposé. Par exemple, pour les contribuables résidents, les gains à long terme seront généralement imposables à des taux inférieurs (12,5 % au lieu de 20 %), mais des taux plus élevés s’appliqueront aux gains sur une vente sur le marché d’actions cotées (12,5 % ou 20 % au lieu de 10 % ou 15 % actuellement applicables) et sur la vente de titres de créance non cotés (en tant que revenu ordinaire). Il est proposé de supprimer l’avantage de l’indexation des coûts. Bien qu’il soit toujours possible d’aller plus loin, le gouvernement doit être félicité pour les mesures de simplification proposées dans ce budget.

Les auteurs sont associés chez Khaitan & co. Les opinions sont personnelles.