Alors que l’exercice financier touche à sa fin, un schéma familier émerge dans le paysage de l’investissement de détail en Inde : les achats d’assurance de dernière minute sont largement motivés par l’urgence d’économiser des impôts. Mais les experts du secteur préviennent que traiter l’assurance comme une décision fondée sur des délais, plutôt que comme un outil de planification financière de base, peut conduire à des résultats sous-optimaux pour les investisseurs.
Abhishek Bansal, directeur des revenus chez InsuranceDekho, souligne un problème récurrent : « La ruée du 31 mars a transformé l’assurance en une case à cocher pour de nombreux consommateurs. » Selon lui, les polices sont souvent sélectionnées à la hâte, sans évaluation adéquate des besoins de couverture, ce qui entraîne des lacunes qui ne deviennent visibles qu’au moment de la réclamation.
Du point de vue de l’investisseur, cela soulève une préoccupation majeure : le décalage entre la protection financière et la stratégie de portefeuille à long terme. L’assurance, contrairement aux instruments liés au marché, n’est pas destinée à une allocation tactique ou à des ajustements de fin d’année. Il s’agit d’un niveau fondamental de gestion des risques.
Arun Ramamurthy, co-fondateur de Staywell.Health, note que retarder les décisions d’assurance jusqu’à la fin de l’exercice conduit souvent à des choix précipités et inefficaces. «Lorsque les décisions sont prises sous pression, il existe une forte probabilité de choisir le mauvais montant de couverture, voire une police inadaptée», dit-il.
Cela a des implications directes sur l’efficacité du portefeuille. La sous-assurance peut exposer les personnes à charge à des chocs financiers, tandis que la surassurance ou des produits mal évalués peuvent peser sur les flux de trésorerie en raison de primes plus élevées. Dans les deux cas, la stratégie plus large d’allocation d’actifs de l’investisseur est impactée.
Un autre risque majeur lors de la ruée de la fin mars est celui des ventes abusives. Avec un temps limité pour faire preuve de diligence raisonnable, les investisseurs peuvent négliger des paramètres critiques tels que les ratios de règlement des sinistres, les exclusions, les délais d’attente et la durée des polices. Cela augmente la probabilité d’acheter des produits fiscalement avantageux à court terme mais inefficaces pour offrir une protection financière à long terme.
Les experts estiment que les décisions en matière d’assurance devraient être intégrées bien plus tôt dans le cycle annuel de planification financière. Démarrer le processus d’évaluation à l’avance permet aux investisseurs d’évaluer leur profil de risque, de comparer les produits et d’aligner la couverture sur leurs objectifs de vie tels que la protection du revenu, la planification de la retraite et les besoins de liquidités.
Il est important de noter que la planification précoce détourne également l’attention des seules économies d’impôt au titre de l’article 80C. Même si l’efficacité fiscale reste pertinente, elle devrait être un sous-produit – et non le principal moteur – des décisions en matière d’assurance.
D’un point de vue plus large, la hausse des achats d’assurance à la fin du mois de mars fausse également les tendances de la demande, entraînant un risque de concentration et une qualité de conseil réduite. Une approche plus échelonnée et plus éclairée de l’achat d’assurance pourrait améliorer à la fois les résultats pour les consommateurs et les pratiques du secteur.
Pour les investisseurs, la conclusion est claire : l’assurance ne doit pas être considérée comme un exercice de conformité de dernière minute. Au lieu de cela, il convient de l’aborder avec la même discipline que celle appliquée aux décisions en matière de capitaux propres, de dettes ou d’allocation d’actifs : délibérées, fondées sur des données et alignées sur les objectifs financiers à long terme.