La création rapide de richesses en Inde soulève un nouveau défi : les familles construisent leurs actifs plus rapidement qu’elles ne prévoient de les transférer. Une nouvelle étude suggère que même si des millions d’Indiens s’attendent à hériter de richesses, la plupart ne prennent pas de mesures pour planifier leur propre succession, créant ainsi des risques pour les générations futures.
Selon une étude du 1 Finance Magazine, 84,8 % des Indiens n’ont pas de testament, tandis que 62,5 % n’envisagent pas d’en créer un, mettant en évidence une lacune majeure en matière de planification successorale à l’heure où le pays connaît son premier transfert de richesse intergénérationnel à grande échelle.
Les résultats suggèrent que l’essor de la richesse en Inde ne s’accompagne pas d’une planification successorale, laissant les familles vulnérables aux litiges, aux complications juridiques et à l’incertitude quant à la répartition des actifs.
Transfert de richesse
Au cours des deux dernières décennies, les ménages indiens ont accumulé une richesse importante grâce à l’immobilier, aux actions, aux fonds communs de placement, aux entreprises et à d’autres actifs financiers. Cependant, l’étude indique que la planification du transfert de cette richesse reste l’un des domaines les plus négligés des finances personnelles.
Seulement 15,2 % des personnes interrogées ont actuellement un testament, tandis que 22,3 % envisagent d’en faire un. Les autres personnes interrogées ont soit reporté la décision sine die, soit n’ont pas l’intention de rédiger un testament pour le moment.
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Les chercheurs décrivent cela comme une faiblesse structurelle de la culture de planification financière de l’Inde, où la création de richesse reçoit une attention particulière mais le transfert de richesse reste souvent une réflexion après coup.
Paradoxe de l’héritage
La découverte la plus frappante est peut-être ce que le rapport appelle un « paradoxe de l’héritage ».
Parmi les personnes qui s’attendent à recevoir un héritage, 79,8 % n’ont pas de testament propre, tandis que seulement 20,2 % ont documenté comment leurs propres biens devraient éventuellement être répartis.
En d’autres termes, les individus qui se préparent à hériter du patrimoine familial ne sont souvent pas prêts à le transmettre eux-mêmes.
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L’étude a révélé que les personnes interrogées s’attendant à hériter d’actifs n’étaient pas plus susceptibles de rédiger un testament que celles qui ne s’attendaient pas à un héritage. Cela suggère que l’héritage est souvent considéré comme quelque chose que l’on reçoit plutôt que comme un processus qui nécessite une planification et une prise de décision actives.
Pour les planificateurs financiers, ces résultats suscitent des inquiétudes quant au fait que les générations futures pourraient répéter les mêmes erreurs de planification successorale, aujourd’hui visibles dans de nombreux ménages.
Les Indiens évitent
L’une des principales raisons expliquant le faible taux d’adoption des testaments semble être la réticence à discuter de l’héritage au sein des familles.
L’enquête a révélé que 46,7 % des répondants n’ont jamais discuté de testament ou de planification successorale avec des membres de leur famille, tandis que seulement 21,8 % ont déclaré avoir eu des conversations détaillées sur le sujet. Un autre 31,4 % ont déclaré n’avoir eu que des discussions informelles.
Les experts affirment que les discussions sur l’héritage sont souvent reportées parce qu’elles sont associées au vieillissement, à la mortalité ou à d’éventuels conflits familiaux. Cependant, retarder ces discussions peut créer ultérieurement de l’incertitude et de la confusion.
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Conflits familiaux
L’étude remet également en question une hypothèse courante concernant les testaments.
La sagesse conventionnelle suggère que les gens font des testaments pour éviter les conflits successoraux. Toutefois, les données indiquent que de nombreuses familles commencent à planifier leur succession seulement après que des différends ont déjà éclaté.
Environ 30,5 % des personnes interrogées ont déclaré avoir été confrontées à une certaine forme de litige lié à l’héritage, dont 23,3 % ont signalé des désaccords mineurs et 7,3 % ont signalé des litiges majeurs.
Parmi les familles sans litige successoral, seulement 29,7 % avaient fait ou envisageaient de faire un testament. En revanche, ce chiffre s’élève à 54,1% parmi les familles confrontées à des litiges mineurs et à 52,6% parmi celles confrontées à des litiges majeurs.
Les résultats suggèrent que les conflits deviennent souvent le catalyseur de la planification successorale plutôt que le résultat qu’il cherche à prévenir.
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Défi des finances personnelles
Commentant les conclusions, Animesh Hardia, rédacteur en chef de 1 Finance Magazine, a déclaré que l’Inde connaît son premier transfert de richesse intergénérationnel majeur sans un cadre culturel clair pour le gérer. Les générations précédentes avaient souvent des actifs limités à transmettre, alors que les ménages d’aujourd’hui ont accumulé une richesse significative mais n’ont pas pris l’habitude de documenter formellement leurs plans de succession.
L’étude conclut que la préparation à l’héritage en Inde reste faible en termes de revenus et de niveaux de sensibilisation. Alors que le patrimoine continue de croître, le manque de planification successorale représente à la fois un risque financier personnel et un défi important pour les familles qui cherchent à préserver leur patrimoine à travers les générations.
Pour de nombreux ménages, le message devient de plus en plus clair : la création de richesse ne représente que la moitié du chemin. Veiller à ce que le transfert se déroule sans problème peut être tout aussi important.