Les jours des patrons qui ne savent que commander sont comptés. La transition numérique, l’émergence de l’intelligence artificielle et les exigences bioclimatiques, entre autres facteurs, ont généré de nouveaux critères de sélection des candidats à un poste de direction. Il ne suffit plus de savoir encadrer et contrôler une équipe.
Près de 90 % des offres de management en Catalogne demandent des soft skills. Désormais, ceux qui maîtrisent leurs compétences sociales et émotionnelles ont de meilleures chances d’être embauchés. Ceci est confirmé par une étude préparée par le Baròmètre de Competència i Ocupacions de Catalunya de Pimec et l’Universitat Oberta de Catalunya (UOC) récemment publiée. Bien que l’étude se concentre sur la Catalogne (2018-2024), cette perception s’étend au reste du pays, comme le souligne l’Association espagnole des écoles de commerce.
Si vous ne connaissez que la partie technique de votre métier et ne possédez pas de soft skills, votre poste peut être en danger
« Si vous ne connaissez que la partie technique de votre métier et ne possédez pas de soft skills, votre poste peut être en danger », explique-t-il à L’avant-garde Carmen Pagés, l’une des chercheuses à la tête de l’étude, ainsi que professeur d’études économiques et commerciales et directrice de l’Unité de Prospection et d’Analyse du Travail (UPAL) de l’UOC.
Les compétences générales, également connues en anglais sous le nom de compétences générales, Ce sont ces compétences qui, aujourd’hui, permettent à un candidat de se démarquer d’un autre. Contrairement aux hard skills, qui se concentrent sur les connaissances techniques et linguistiques, les soft skills se concentrent sur les relations sociales et personnelles : travail d’équipe, résolution de conflits, intelligence émotionnelle et communication, entre autres. Ces nouvelles priorités sont également soutenues par Miquel Pino, économiste avec plus de trente ans d’expérience, qui disait déjà à ce journal que « c’est très bien de connaître les réseaux sociaux ou l’intelligence artificielle, mais ce sont les compétences intangibles qui permettent que les choses se passent mieux ».
Le facteur humain est à nouveau à l’honneur
Il y a des décennies, un manager capable de diriger une équipe et une entreprise se vantait de sa capacité à donner des ordres et à prendre des décisions stratégiques. Cependant, dans un contexte de travail menacé par l’automatisation et la nécessité de travailler en équipe, les entreprises recherchent des profils dotés d’un éventail de capacités plus large.
Comme l’explique Pagés, l’automatisation des tâches de toute entreprise a fait réapparaître le facteur humain. Pour cette raison, d’autres compétences telles que la persuasion, la négociation, la capacité d’inspirer, le leadership, la pensée critique et la créativité s’ajoutent aux compétences susmentionnées. « Comme ils ne peuvent être répliqués par un algorithme ou une intelligence artificielle, ils deviennent des aspects fondamentaux », justifie le chercheur.
Il souligne également que « le travail collaboratif est aujourd’hui la norme dans les entreprises ». Ils exigent cette exigence de la part des salariés en raison de la complexité des projets développés par les équipes, qui nécessitent différents experts pour les développer. Ainsi, « les talents individuels pourront circuler et être intégrés efficacement pour atteindre un objectif commun », explique Pagés.
Une autre raison pour laquelle ces compétences sont de plus en plus requises est le changement constant des situations et le sentiment d’incertitude, qui peuvent être résolus grâce à la capacité d’adaptation ou de résolution de problèmes. En outre, le chercheur rappelle que l’Espagne est un pays avec une économie de services (commerce, transports, tourisme, santé, culture…) avant l’industrie manufacturière (agroalimentaire, métallurgie, produits pharmaceutiques et matériels de transport), qui valorise les compétences sociales.

Sur le marché du travail, il ne suffit pas de maîtriser les tâches pratiques
« Le manque de compétences générales devient un obstacle majeur à l’efficacité professionnelle. » Par cette phrase, le chercheur souligne que si un salarié, quel que soit son poste, ne possède pas les compétences énumérées ci-dessus, « non seulement cela affecte la qualité de son travail actuel, mais cela se traduit par un risque réel de stagnation professionnelle, de perte d’opportunités de promotion, voire de perte d’emploi ».
L’étude indique que 65 % des postes de direction vacants en Catalogne nécessitent une capacité d’adaptation au changement. Pagés précise que ces données ne font pas référence à l’adaptation à des horaires différents, mais à la capacité de modifier la méthodologie de travail en fonction d’un contexte volatile. Dans ce contexte, la proactivité est également clé pour faire face aux différentes transformations des tâches à développer. En relation avec cette compétence, il est nécessaire de créer des solutions aux problèmes, de communiquer et de présenter des idées, où la créativité joue également un rôle clé.
Bien que les soft skills soient actuellement essentielles, Pagés précise que, comme le suggèrent des preuves empiriques, « le profil professionnel le plus valorisé est celui qui atteint une bonne combinaison de compétences techniques et de soft skills ». Parier exclusivement sur l’un d’entre eux n’offre pas le même rendement sur le marché du travail. Et cela garantit que la résilience et l’agilité d’apprentissage deviennent essentielles. Ainsi, il conclut que le profil managérial se veut transversal, relationnel et multidimensionnel.
Autres compétences à prendre en compte
Outre les compétences sociales et émotionnelles, l’étude conclut que les entreprises catalanes recherchent des profils de direction dotés de compétences numériques élevées, de plus en plus nécessaires en raison de l’intelligence artificielle. D’autre part, les résultats indiquent que chaque profil managérial doit maîtriser des compétences vertes pour s’aligner sur des processus durables et des modèles circulaires.