Rumeurs de divorce Hardik Pandya-Natasa Stankovic : l'accord prénuptial est-il légalement exécutoire en Inde ?

Les récentes spéculations autour du divorce du joueur de cricket indien Hardik Pandya et du mannequin serbe Natasa Stankovic ont non seulement attisé la curiosité du public, mais ont également mis en lumière le statut des accords prénuptiaux en Inde.

Il semblerait que Natasa pourrait revendiquer 70 % des actifs de Pandya dans le cadre du règlement. Cependant, aucune des parties n'a fait de déclaration officielle confirmant le divorce ou les prétendues conditions de règlement.

Cette affaire très médiatisée a incité à examiner de plus près le statut juridique des accords prénuptiaux en Inde. Contrairement à de nombreux pays occidentaux où les contrats prénuptiaux sont courants et légalement appliqués, l’Inde présente un paysage juridique différent.

Les experts révèlent que les accords prénuptiaux n'ont pas de fondement juridique en Inde en raison de la prédominance du droit des personnes sur les contrats civils dans les questions liées au mariage. Par exemple, les lois personnelles hindoues, musulmanes et chrétiennes, qui régissent la majeure partie de la population, ne reconnaissent pas formellement les accords prénuptiaux. Par conséquent, ces contrats tiennent rarement devant les tribunaux en cas de contestation.

Voici ce que disent les experts sur le statut du contrat prénuptial en Inde

Ankur Mahindro, associé directeur, Kred Jure

Bien que la signature d'un accord prénuptial aurait été le moyen le plus efficace de protéger la base d'actifs des parties respectives, un tel accord n'est cependant pas légalement exécutoire en Inde car il est considéré comme immoral et contraire à l'ordre public, donc considéré comme nul en vertu de l'article 23 et d'autres dispositions de la loi indienne sur les contrats de 1872 et d'autres lois applicables.

Contrairement à de nombreux pays, il n'existe pas de concept de répartition des biens en Inde (sauf à Goa), en particulier les biens acquis par un époux à l'autre. Cependant, les deux parties à une procédure de divorce ont le droit, en vertu de la loi, de demander une aide financière. sous forme d'entretien pendente léger, de pension alimentaire permanente, d'entretien final ou de tout autre allègement disponible en vertu de la loi.

L'épouse peut également demander une compensation pour la violence domestique dont elle a été victime, un droit de résidence et un mode de vie proportionné à celui dont elle jouissait avant la discorde matrimoniale. Le parent gardien peut également demander une pension alimentaire pour les enfants au parent non gardien.

Dans un divorce contesté, l'époux reçoit généralement une pension alimentaire provisoire jusqu'à ce que la procédure soit en cours, et par la suite, le tribunal peut ou non accorder une pension alimentaire au moment du prononcé du jugement de divorce, en fonction des faits de l'affaire. en revanche, dans un divorce par consentement mutuel, les parties sont aptes à parvenir à un consensus sur les conditions de la séparation et toutes les réclamations qui en découlent, telles que la pension alimentaire, l'entretien, le logement, la tutelle, la garde et toutes autres réclamations similaires.

En conclusion, l'un des époux n'a pas ipso facto le droit de demander une part des biens acquis par l'autre époux. Cependant, selon les faits de l'affaire, le tribunal peut ordonner à l'un des époux de fournir un logement à l'autre époux ou de payer entretien en lieu et place d'un tel logement. Le tribunal peut également accorder une pension alimentaire mensuelle payable par l'un des époux à l'autre ou une pension alimentaire forfaitaire payable à l'époux au moment de la séparation. Les enfants ont également le droit de solliciter une part des biens ancestraux sur lesquels ils acquièrent un droit de naissance.

Si l'un des époux décède pendant que la procédure de divorce est en cours, l'autre époux aura également le droit de réclamer une part de ses biens immobiliers, si cette personne est décédée ab intestat, c'est-à-dire sans signer de testament ou de tout document testamentaire de cette nature. . Ainsi, même si les biens sont protégés du vivant de ce conjoint, il est conseillé de signer un testament interdisant le legs de toute part de ces biens immobiliers à l'autre conjoint, afin de protéger les biens après son décès.

Sneha Bhogle Kale, associée, Accord Juris LLP

Bien que les accords prénuptiaux ne soient pas traditionnellement reconnus en Inde, les tribunaux commencent de plus en plus à les reconnaître, compte tenu de la complexité croissante des mariages et des divorces. Il est conseillé aux futurs époux de signer un contrat prénuptial pour protéger leurs biens en cas de séparation ou de divorce. Ces accords fonctionnent comme des contrats réguliers en vertu de l'Indian Contract Act de 1872, ayant le même poids juridique. Cependant, ils ne sont pas reconnus par les lois sur les personnes puisque le mariage est considéré comme sacramentel.

De tels accords protègent les personnes ayant hérité d’entreprises et de richesses, qui pourraient autrement subir une perte importante de leurs actifs en cas de divorce. Des décisions de justice récentes soulignent l'importance des accords prénuptiaux pour les jeunes couples. Par exemple, un jugement du tribunal du district de Patiala a souligné la nécessité de rendre les accords prénuptiaux obligatoires et enregistrés avant le mariage. Cela peut aider à définir les conditions de pension alimentaire, d’entretien et de protection de l’enfance, évitant ainsi des litiges de divorce prolongés.

Dans notre société en évolution, la légalisation et l’application des accords prénuptiaux sont cruciales pour gagner du temps et garantir une répartition équitable des actifs.