Un salaire de 50 lakh peut sembler un rêve en Inde, mais comme le souligne le conseiller en patrimoine Chandralekha MR, la réalité des professionnels salariés à hauts revenus est loin d’être luxueuse.
En fait, beaucoup se retrouvent incapables de faire leurs achats en toute confiance dans les magasins de luxe des aéroports, alourdis par les impôts, le coût de la vie et un système qui favorise discrètement les entrepreneurs par rapport aux employés.
Dans un article sur LinkedIn, Chandralekha a analysé les calculs financiers qui choquent souvent les salariés : un CTC de 50 lakh ₹ se traduit par environ 37 lakh ₹ après impôts. Pour les professionnels vivant dans des métropoles comme Mumbai, Delhi ou Bengaluru, environ 9 à 10 lakh ₹ disparaissent chaque année juste pour couvrir les frais de subsistance de base. Ce qui reste – environ 27 lakh ₹ – doit s’étendre à l’épargne, aux investissements et aux choix de style de vie.
« Il faut 4 à 5 ans juste pour accumuler 1 crore ₹ si vous êtes salarié », a-t-elle écrit. Pendant ce temps, un homme d’affaires gagnant 1 crore ₹ peut légalement payer moins d’impôts qu’une personne avec un salaire de 50 lakh ₹ – grâce à la structure fiscale indienne, qui récompense l’entrepreneuriat mais offre moins de répits aux employés.
Ce déséquilibre flagrant, dit-elle, est « le piège invisible du fait d’être salarié en Inde ».
Chandralekha a fait référence à un article récent dans lequel un salarié de 50 ₹ LPA a avoué qu’il hésitait encore à acheter des articles de luxe dans des magasins d’aéroport comme Dior ou Swarovski. Elle a noté que ces espaces ne sont pas conçus pour les professionnels salariés, même ceux qui gagnent le haut de la tranche. Au lieu de cela, ils s’adressent à une clientèle complètement différente : « les générations riches, les étrangers en escale et les gens qui ne comptent pas les salaires mensuels ».
Si les professionnels salariés utilisent le luxe des aéroports comme critère de réussite, ils risquent une insatisfaction constante. « Vous vous préparez à être déçu », a-t-elle prévenu.
Mais son message n’était pas que pessimiste. Elle a souligné que 50 lakh ₹ suffisent encore pour vivre confortablement en Inde – s’ils sont gérés judicieusement. La clé, dit-elle, est de comprendre la planification fiscale, d’éviter l’inflation du style de vie et de prendre des décisions d’investissement intentionnelles.
« La véritable richesse n’a rien à voir avec le fait d’entrer dans les magasins haut de gamme des aéroports sans vérifier les étiquettes de prix », a-t-elle écrit. « Il s’agit de concevoir une vie financière dans laquelle vous contrôlez votre argent, plutôt que d’en chercher davantage. »