Les sorties anticipées dépassent les paiements à l’échéance alors que les problèmes de ventes abusives augmentent dans le secteur de l’assurance-vie, selon les données de la RBI

Des données récentes de la Reserve Bank of India (RBI) et de l’Insurance Regulatory and Development Authority of India (IRDAI) indiquent un changement significatif dans la manière dont les prestations d’assurance-vie sont versées en Inde. Une part croissante des paiements est désormais due à des sorties anticipées – telles que des rachats de polices et des retraits partiels – plutôt qu’à des polices arrivant à échéance jusqu’à leur échéance. Actuellement, environ 37 % du total des prestations versées aux assurés vie proviennent de sorties anticipées, ce qui met en évidence une tendance croissante des clients à encaisser leurs polices avant la date prévue, souvent avec un désavantage financier.

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Ce changement a attiré l’attention des régulateurs et des analystes du secteur. Selon le rapport sur la stabilité financière 2025 de la RBI, les versements globaux d’assurance-vie ont considérablement augmenté, passant d’environ Rs 4 lakh crore en 2020-2021 à Rs 6,3 lakh crore en 2024-2025. Toutefois, la composition de ces versements a sensiblement changé. Aujourd’hui, seuls 35 % environ des prestations proviennent de l’échéance du contrat, tandis que les sinistres en cas de décès ne représentent que 7,5 %. Le reste reflète en grande partie des sorties prématurées, soulignant les inquiétudes concernant l’adéquation des produits et les résultats pour les clients.

Vente abusive d’assurance

Les régulateurs ont signalé à plusieurs reprises les ventes abusives comme un problème structurel sur le marché de l’assurance-vie. Les polices sont souvent vendues sans divulgation adéquate des coûts, des périodes de blocage, des pénalités de rachat ou de l’adéquation à long terme. Les experts en finances personnelles affirment que les canaux de vente basés sur les commissions, en particulier la bancassurance et les réseaux d’agences, peuvent encourager la vente de produits complexes ou inadaptés, laissant les assurés se sentir enfermés dans des arrangements qui ne correspondent pas à leurs besoins financiers.

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Les analystes du secteur soulignent également que le modèle économique sous-jacent est un facteur contributif. Les produits d’assurance vie traditionnels sont généralement dotés de commissions élevées au cours de la première année, ce qui encourage les distributeurs à se concentrer sur les nouvelles ventes plutôt que sur le service ou la fidélisation à long terme. Les tendances des données suggèrent que les assureurs accordent la priorité à l’acquisition de nouvelles affaires, tandis que la pérennité des polices et la valeur client sur toute la durée reçoivent moins d’importance. Cette dynamique contribue à expliquer la forte hausse des taux de rachat, surtout après les premières années de politique.

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Structure des coûts

Un examen plus approfondi des structures de coûts renforce ce tableau. Les assureurs-vie du secteur public ont généralement maintenu un contrôle plus strict sur leurs dépenses, les paiements de commissions restant relativement stables même si les collectes de primes ont augmenté. Leurs modèles opérationnels reposent davantage sur des réseaux de distribution établis et à moindre coût. En revanche, les assureurs-vie privés ont enregistré une forte augmentation des dépenses en commissions depuis 2022-2023, ainsi qu’une hausse des coûts d’exploitation, reflétant une plus forte dépendance à l’égard de canaux de vente agressifs et souvent coûteux.

Le lien entre l’intensité des commissions et les sorties anticipées semble fort. Des commissions initiales élevées peuvent fausser les incitations, faisant passer le volume des ventes au détriment de la qualité des polices et de leur adéquation à long terme. Les données de la RBI et les commentaires d’experts suggèrent que ces incitations façonnent le comportement de vente, contribuant directement à des taux de rachat et de retrait plus élevés dans l’ensemble du secteur.

Espace assurance non-vie

Des tendances similaires sont visibles dans le domaine de l’assurance non-vie. Les assureurs dommages du secteur public continuent de fonctionner avec des bases de dépenses stables, quoique relativement élevées, soutenues par des systèmes de distribution existants. Les assureurs privés non-vie, quant à eux, ont poursuivi leur croissance grâce à des stratégies d’expansion plus agressives, ce qui a entraîné une hausse des commissions et des coûts d’exploitation qui pourraient à terme peser sur les marges de souscription.

Prises ensemble, ces tendances soulèvent des questions plus larges sur la protection des consommateurs, l’efficacité de la réglementation et la durabilité des modèles commerciaux d’assurance en vigueur. La part croissante des prestations versées avant l’échéance, associée à des commissions élevées et à des pratiques de vente agressives, suggère qu’il sera essentiel d’améliorer la transparence des produits, d’aligner les incitations sur les résultats des clients et de renforcer les normes de persistance pour restaurer la confiance et assurer la stabilité à long terme du secteur de l’assurance en Inde.