Après l’une de ses plus fortes hausses depuis des décennies – avec une hausse de près de 65 % en 2025 et une surperformance de la plupart des matières premières et classes d’actifs – l’or a de nouveau occupé le devant de la scène dans les conversations des investisseurs. La grande question est maintenant de savoir si cet élan pourra se poursuivre jusqu’en 2026. Un nouveau rapport de DSP Mutual Fund prend du recul sur l’enthousiasme et examine de plus près certaines des hypothèses les plus courantes des investisseurs concernant l’or, les actions et la création de richesse à long terme.
Pendant des années, l’or a souvent été considéré comme un « animal de compagnie », incapable d’égaler le pouvoir cumulatif des actions. L’analyse du DSP dresse cependant un tableau plus équilibré. Depuis le début de ce siècle, l’or a surperformé la plupart des principaux marchés boursiers, notamment ceux de l’Inde et des États-Unis. Seule environ une action sur quatre du NSE 500 a battu l’or au cours de cette période, remettant en question la croyance largement répandue selon laquelle les investisseurs devraient éviter d’investir de manière significative dans le métal jaune.
Dans le même temps, le rapport se garde bien de tomber dans l’autre extrême. L’or, affirme DSP, ne remplace pas les actions. Les données de rendement glissant sur cinq ans montrent que les actions ont surperformé l’or environ la moitié du temps en Inde et aux États-Unis, et encore plus souvent sur des marchés comme l’Europe et Hong Kong. Il y a eu de longues périodes pendant lesquelles les portefeuilles d’actions diversifiés ont produit de meilleurs résultats que l’or seul, renforçant l’idée que la vraie valeur de l’or réside dans la diversification et non dans la domination.
L’étude revient également sur un autre débat de longue date : la diversification dilue-t-elle les rendements ? Souvent qualifié de « di-pire-ification », la répartition de l’argent entre les classes d’actifs est parfois considérée comme un frein à la performance. Les back-tests de DSP suggèrent le contraire. Un portefeuille équilibré, combinant actions nationales, titres de créance, actions internationales et or, a généré des rendements similaires à ceux des actions avec une volatilité nettement inférieure. Pour les investisseurs, cette fluidité peut être tout aussi importante que les rendements globaux, en particulier dans les phases de volatilité des marchés.
DSP remet également en question l’hypothèse selon laquelle une croissance économique rapide conduit automatiquement à de solides rendements boursiers. En examinant les données à long terme corrigées de l’inflation provenant d’économies à forte croissance telles que la Malaisie, l’Indonésie, les Philippines et la Chine, le rapport révèle que les rendements des actions ont souvent été à la traîne de la croissance du PIB. Les marchés, note-t-il, réagissent moins à la taille de l’économie qu’à la qualité des bénéfices, à l’allocation du capital et aux normes de gouvernance – des facteurs qui peuvent s’écarter fortement des chiffres de croissance globaux.
Même les projections audacieuses selon lesquelles l’Inde deviendrait une économie de 30 000 milliards de dollars d’ici 2050 sont examinées à la loupe. De telles prévisions reposent généralement sur une croissance du PIB réel de près de 9 % sur 25 ans – un objectif ambitieux rarement soutenu dans l’histoire. Le DSP suggère qu’un résultat plus réaliste, même dans des conditions optimistes, pourrait être plus proche de 20 000 milliards de dollars.
Le rapport remet également en question l’idée selon laquelle des flux d’investissement importants garantissent la hausse des marchés. Les données sur les fonds de grande, moyenne et petite capitalisation montrent que l’argent suit généralement la performance plutôt que de la stimuler. Les flux de capitaux ont tendance à augmenter après les reprises et à s’estomper lorsque les rendements s’affaiblissent, rappelant aux investisseurs que les flux sont davantage une réaction au sentiment du marché qu’un indicateur des gains futurs.
Enfin, le DSP répond à deux inquiétudes courantes chez les investisseurs à long terme : le risque et le timing. Son analyse montre que les stratégies à faible volatilité ont généré une meilleure capitalisation à long terme que les approches à haut risque, tandis que les données glissantes sur les plans d’investissement systématiques indiquent que la discipline compte bien plus que le choix du point d’entrée parfait. Pour les investisseurs, le message est clair : un investissement réussi dépend moins de prévisions audacieuses que de rester équilibré, patient et ancré dans les fondamentaux.