La richesse des ménages indiens a considérablement augmenté, grâce à une épargne disciplinée dans les dépôts bancaires, les assurances, les actions et les fonds communs de placement. Pourtant, une grande partie de cette richesse risque de ne pas être réclamée – non pas à cause de mauvaises décisions d’investissement, mais à cause d’une mauvaise planification successorale et d’une hésitation persistante à rédiger des testaments.
L’ampleur du problème est frappante. Près de 78 000 crores ₹ ne sont pas réclamés dans les dépôts bancaires, 14 000 crores ₹ en assurance, 9 000 crores ₹ en dividendes et environ 3 000 crores ₹ en fonds communs de placement. Plus préoccupante est la perte de richesse intergénérationnelle, des études indiquant que près de 70 % de la richesse familiale est perdue à la deuxième génération et jusqu’à 90 % à la troisième.
Inconfort culturel
L’une des principales raisons de cette tendance est l’inconfort profondément enraciné à l’égard des discussions sur l’argent et la mortalité. Saurabh Bansal, Certified Trust and Estate Planner (CTEP) et SEBI RIA, explique : « La plupart des familles ne sont pas tout à fait à l’aise pour parler de richesse en premier lieu. Les détails financiers sont souvent connus d’un ou deux membres seulement, tandis que d’autres n’ont qu’une vue partielle. Les conversations sur les actifs, la propriété ou la distribution future ne se déroulent pas facilement. «
Il ajoute que le défi s’intensifie lorsque les testaments sont introduits : « Un testament déplace la conversation de « ce que nous avons » vers « qui obtient quoi », et ce changement soulève des questions d’équité, d’attentes et d’intention. Ce sont des questions profondément personnelles, auxquelles il n’est pas toujours facile de répondre. «
Héritage culturel des systèmes familiaux communs
Cette hésitation a aussi des racines historiques. Pranjali Madnani, directeur de la planification successorale chez Agnam Trustees and Family Office (Agnam Advisors LLP), note : « Autrefois, un seul chef de famille décidait du sort des actifs familiaux… Mais aujourd’hui, les chefs de famille se méfient de toute sorte de remous dans la famille que le sujet de la répartition des actifs pourrait créer. »
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Elle explique en outre que la planification successorale est souvent dépriorisée : « On constate également que les chefs de famille reportent la question de la planification successorale et de la création du testament parce qu’elle ne figure pas sur la liste des priorités. Cela vient souvent de la conviction que nous disposons de beaucoup de temps. »
Madnani souligne également le contexte historique : « Si vous regardez l’histoire de l’Inde, les hindous n’ont jamais eu le concept de testament… Les testaments sont apparus beaucoup plus tard avec la domination britannique. Culturellement, l’Inde a toujours la mentalité du bien-être familial collectif. »
Complexité émotionnelle plutôt que clarté juridique
Bien que la rédaction d’un testament soit juridiquement simple, le poids émotionnel qui se cache derrière celui-ci est important. Bansal souligne cette nuance : « Bien qu’un testament soit, sur le papier, un document juridique, les décisions qui le sous-tendent sont rarement simplement juridiques. Elles impliquent d’équilibrer l’égalité et l’équité… Ce sont des décisions émotionnelles. »
Cela conduit souvent à l’évitement. Les familles choisissent le confort à court terme plutôt que la clarté à long terme, reportant ainsi les décisions qui pourraient éviter des conflits plus tard.
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Pourquoi c’est important pour les investisseurs et les familles
Dans l’environnement financier actuel, où les actifs sont diversifiés et souvent répartis entre différents instruments et zones géographiques, l’absence de testament peut créer de graves complications. Des documents manquants, une propriété peu claire et le recours aux seules nominations peuvent retarder ou faire dérailler le transfert d’actifs.
Les experts soulignent que la planification successorale n’est pas réservée aux riches : elle est essentielle pour toute personne possédant des actifs financiers. Un testament structuré, accompagné de nominations mises à jour et d’une documentation claire, garantit que la richesse est transférée en douceur et comme prévu.
En fin de compte, le problème n’est pas seulement un manque de sensibilisation : il s’agit plutôt de surmonter les hésitations culturelles. À mesure que la richesse de l’Inde augmente, la nécessité d’officialiser son transfert devient tout aussi cruciale que sa création.
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