Un message viral sur X (anciennement Twitter) du comptable agréé CA Nitin Kaushik a déclenché une conversation sur l’obsession croissante de l’Inde pour les prêts et la tendance dangereuse consistant à utiliser l’argent emprunté pour investir en bourse.
Il y a quelques mois, un article, qui a recueilli des millions de vues, partageait une capture d’écran affirmant un gain de 40 % sur les actions à petite capitalisation – entièrement financé par un prêt personnel. Alors que le message visait à célébrer les profits rapides, il a plutôt suscité une inquiétude généralisée quant à la culture croissante de « emprunter pour investir » parmi les investisseurs particuliers.
Selon les données de la Reserve Bank of India, les Indiens ont emprunté plus de Rs 3 lakh crore en prêts personnels entre 2023 et mai 2025, en grande partie auprès de jeunes salariés. Au cours de la même période, le nombre de comptes démats a dépassé les 19 millions, indiquant une augmentation sans précédent de la participation au marché de détail. Les experts craignent que cette combinaison de crédit facile et d’enthousiasme du marché ne pousse de nombreux nouveaux investisseurs vers une extension financière excessive.
La dette comme mode de vie, pas comme stratégie
Dans son fil viral, Kaushik a souligné à quel point l’emprunt est devenu un mode de vie en Inde. « Entrez dans n’importe quelle salle d’exposition aujourd’hui – qu’il s’agisse de voitures, de téléphones ou même de meubles – et une chose ressort: Personne ne paie plus intégralement », a-t-il écrit.
Il a noté qu’environ 70 % des iPhones et 80 % des voitures en Inde sont achetés auprès d’IME, ce qui montre à quel point l’endettement est devenu « une habitude et non un plan financier ».
« Le même système de prêts qui a permis de bâtir la fortune de quelques-uns a également plongé d’innombrables autres dans des difficultés financières », a écrit Kaushik. « La différence n’est pas le prêt lui-même, mais l’intention et la conscience qui le sous-tendent. Certaines personnes utilisent le crédit de manière stratégique. La plupart l’utilisent de manière émotionnelle. »
Quand les prêts créent des obligations, pas des actifs
Citant les enseignements de Robert Kiyosaki dans Rich Dad Poor Dad, Kaushik a expliqué que même si l’effet de levier peut aider à créer de la richesse, il nécessite une compréhension approfondie, une tolérance au risque et des plans de sauvegarde – ce qui manque à la plupart des emprunteurs de la classe moyenne.
« Pour de nombreux Indiens, les prêts ne créent pas d’actifs, ils créent des obligations », a-t-il prévenu. « La voiture, le téléphone, le style de vie – tous perdent de la valeur plus rapidement que le prêt n’est remboursé. »
Il a défini un « bon prêt » comme un prêt qui sert un objectif réel, comme financer des études, acheter une maison selon ses moyens ou soutenir une entreprise avec un flux de trésorerie important. « Un prêt peut vous faire gagner du temps », a ajouté Kaushik, « mais il loue toujours votre avenir ».
Le problème croissant de la dette personnelle en Inde
Le segment du crédit aux particuliers en Inde connaît une croissance annuelle de plus de 20 %, tirée par les prêts personnels, les cartes de crédit et le financement durable des consommateurs. Les économistes préviennent que l’augmentation rapide des prêts non garantis – en grande partie destinés à des dépenses discrétionnaires – pourrait entraîner une augmentation des risques de défaut si le marché du travail s’affaiblissait ou si les taux d’intérêt augmentaient encore.
Kaushik a résumé succinctement son inquiétude : « Nous avons normalisé l’emprunt comme un symbole de statut, et non comme un symbole de nécessité. Chaque IME semble léger jusqu’à ce qu’un autre soit ajouté. La dette ne semble pas dangereuse – jusqu’à ce que vous réalisiez qu’elle ronge votre avenir pour financer votre aujourd’hui. »
Une mise en garde pour les nouveaux investisseurs indiens
Les analystes de marché affirment que la tendance à emprunter pour investir reflète un changement de mentalité parmi les jeunes investisseurs indiens, dont beaucoup sont entrés sur les marchés après 2020. Alors que les actions de petite et moyenne capitalisation génèrent des gains démesurés, certains sont tentés d’amplifier les rendements en utilisant des capitaux empruntés – sans se rendre compte des risques.
Les planificateurs financiers préviennent que le recours aux prêts pour investir dans des actions peut se retourner contre eux lors des corrections du marché, laissant les emprunteurs avec à la fois des pertes et des dettes.
Conseils aux investisseurs
« Avant de signer un formulaire de prêt, posez une question : cet achat me rendra-t-il plus fort financièrement ou me donnera-t-il simplement l’impression qu’il en a l’air ? »
Ce message viral, bien que simple dans son ton, est devenu un signal d’alarme pour la classe ambitieuse de l’Inde – un rappel que la vraie richesse ne se construit pas sur une confiance empruntée, mais sur le contrôle financier, la discipline et l’indépendance.