Voiture vs richesse : un expert financier explique pourquoi votre état d’esprit EMI vous coûte cher

Un message tranchant de Sunil Gurjar sur LinkedIn touche une corde sensible chez les salariés indiens, remettant en question l’une des habitudes financières les plus courantes dans le pays : acheter des voitures sur la base des EMI mensuels plutôt que sur la base d’un prix abordable.

Gurjar, fondateur d’Alphamojo et de Wealthmojo, affirme que de nombreux Indiens « font complètement marche arrière » en assimilant l’abordabilité à des mensualités gérables. Le résultat, dit-il, est une tendance croissante parmi les jeunes salariés à contracter des prêts automobiles disproportionnés au début de leur carrière – souvent au détriment de la stabilité financière à long terme.

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L’illusion EMI

Au cœur de l’argumentation de Gurjar se trouve ce qu’il appelle « l’illusion EMI ». Un paiement mensuel de 8 000 ₹ peut sembler raisonnable, mais cela peut se traduire par un prêt de 8 lakh ₹ ou plus – parfois pour les personnes ne gagnant que 30 000 ₹ par mois. Dans de tels cas, les acheteurs peuvent finir par engager l’équivalent de plus de deux ans de revenus dans un seul actif déprécié.

Cette tendance, largement visible dans les zones urbaines de l’Inde, reflète un changement culturel plus large dans lequel l’amélioration du mode de vie dépasse souvent la croissance des revenus. Un financement facile, un marketing agressif et une comparaison sociale n’ont fait qu’accélérer la tendance.

Une règle simple

Gurjar propose un critère simple : une voiture ne devrait pas coûter plus de 12 à 15 mois de salaire. Selon cette logique, une personne gagnant 50 000 ₹ par mois devrait idéalement plafonner son budget automobile à 7 à 8 lakh ₹, tandis qu’une personne gagnant 1 lakh ₹ par mois pourrait s’étendre jusqu’à 12 à 15 lakh ₹.

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La règle, bien que simple, va à l’encontre des instincts dominants des consommateurs, selon lesquels les achats ambitieux prennent souvent le pas sur la prudence financière.

La réalité de la dépréciation

Contrairement aux investissements immobiliers ou en actions, les voitures sont des actifs intrinsèquement dépréciables. Les estimations de l’industrie suggèrent qu’une voiture neuve peut perdre 15 à 20 % de sa valeur au moment où elle quitte le showroom, et plus de la moitié de sa valeur dans les cinq ans.

Cela rend les dépenses excessives pour un véhicule particulièrement coûteuses, non seulement en termes de dépenses initiales, mais également en termes d’opportunités manquées. L’argent immobilisé dans des IME élevés est de l’argent qui pourrait autrement être canalisé vers des plans d’investissement systématiques (SIP), des épargnes d’urgence ou des fonds d’éducation.

Aspirations vs atouts

Le message de Gurjar exploite également une dynamique sociale plus profonde : la pression exercée pour signaler le succès. Des voisins qui optent pour des SUV aux collègues présentant de nouveaux achats, la volonté psychologique de « suivre le rythme » détermine souvent les décisions financières.

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Mais comme il le souligne, ces influences externes partagent rarement le fardeau lorsque les remboursements deviennent stressants.

Une perspective sur une décennie

La partie la plus convaincante de l’argumentation de Gurjar réside dans sa perspective à long terme. Sur une décennie, même un investissement mensuel modeste peut croître considérablement grâce à la capitalisation. En revanche, l’argent dépensé pour les EMI ne rapporte aucun retour financier au-delà de l’utilité – et d’une valeur de revente en baisse.

« Dans dix ans, personne ne se souviendra de la voiture que vous avez conduite », note Gurjar, soulignant le caractère éphémère de tels achats. « Mais vous ressentirez absolument la différence » entre investir de manière cohérente et dépenser trop pour améliorer votre style de vie.

Alors que la classe moyenne indienne se développe et que le crédit devient plus accessible, le message de Gurjar arrive à un moment critique. Il recadre la possession d’une voiture non pas comme une étape de réussite, mais comme une décision financière qui doit être mise en balance avec des objectifs à long terme.