Le boom de l’investissement de détail en Inde a transformé les marchés des capitaux du pays, avec des comptes démats passant de 4 crores en mars 2020 à 21 crores à la fin de 2025 et des cotisations mensuelles au plan d’investissement systématique (SIP) dépassant les 30 000 crores ₹. Même si une plus grande participation reflète un intérêt croissant pour la création de richesse, les experts préviennent que le comportement des investisseurs – et non la volatilité des marchés – apparaît comme l’une des plus grandes menaces pour les rendements à long terme.
Selon Gaurav Bhagat, fondateur de la Gaurav Bhagat Academy, de nombreux nouveaux investisseurs entrent sur le marché armés de conseils boursiers mais peu de compréhension de la gestion des risques, de la valorisation ou de la prise de décision émotionnelle.
Le comportement, pas les marchés
La technologie a rendu l’investissement plus accessible que jamais. L’ouverture d’un compte Demat ne prend que quelques minutes, tandis que les plateformes de médias sociaux, les maisons de courtage en ligne et les influenceurs financiers fournissent un flux constant de recommandations boursières.
Cependant, Bhagat affirme que la facilité d’accès a également créé une confiance déplacée parmi les investisseurs inexpérimentés. Plutôt que de se demander comment devenir de meilleurs investisseurs, de nombreux nouveaux arrivants se concentrent uniquement sur l’identification du prochain titre gagnant.
Les conséquences sont visibles sur le marché des produits dérivés.
Une étude du Securities and Exchange Board of India (SEBI) a révélé que les investisseurs individuels ont perdu près de 3 lakh crore ₹ dans le segment des contrats à terme et des options (F&O) entre les exercices 22 et 25, 91 % des commerçants de détail ayant subi des pertes. Les résultats soulignent que la participation au marché sans connaissances financières adéquates peut s’avérer coûteuse.
Peur, cupidité et FOMO au travail
Selon Bhagat, investir est autant une question de psychologie que de finance.
La peur pousse souvent les investisseurs à vendre des actions fondamentalement solides lors de corrections temporaires du marché, bloquant ainsi les pertes au lieu de laisser aux investissements le temps de se redresser. À l’autre extrême, la cupidité et la peur de rater quelque chose (FOMO) incitent les investisseurs à acheter des actions en surchauffe simplement parce que les prix augmentent ou parce que d’autres semblent réaliser des bénéfices rapides.
Ces décisions émotionnelles l’emportent souvent sur des principes d’investissement judicieux tels que la diversification, la valorisation et la planification à long terme.
Bhagat estime que de nombreux investisseurs échouent non pas parce qu’ils manquent d’informations, mais parce qu’ils ont du mal à contrôler leurs réactions émotionnelles pendant les périodes de volatilité des marchés.
Apprendre avant de risquer de l’argent
Pour combler le fossé entre l’accès au marché et la formation des investisseurs, Bhagat préconise des expériences d’investissement simulées qui permettent aux individus d’apprendre sans mettre en danger leur argent réel.
Il affirme que les simulations boursières aident les participants à comprendre la construction du portefeuille, les cycles du marché et les conséquences des décisions impulsives dans un environnement sans risque. De tels exercices révèlent également des biais comportementaux, notamment des transactions excessives, une mentalité de troupeau et des ventes de panique, avant que les investisseurs n’entrent sur les marchés réels.
L’objectif, dit-il, n’est pas de générer des profits virtuels mais de renforcer la confiance, la patience et une prise de décision disciplinée.
Investissement basé sur des objectifs plutôt que sur la chasse aux actions
Bhagat met également en garde contre la constitution de portefeuilles sans objectifs financiers clairement définis. Que l’objectif soit d’acheter une maison, de financer l’éducation des enfants, de planifier sa retraite ou d’atteindre l’indépendance financière, les investissements doivent être alignés sur les objectifs à long terme plutôt que sur les tendances du marché à court terme.
Il estime que la création de richesse repose sur des habitudes cohérentes telles que des investissements réguliers, des révisions de portefeuille et une allocation d’actifs disciplinée, au lieu de rechercher des actions multi-baggers ou de tenter de anticiper le marché.
Alors que la participation des particuliers sur les marchés indiens continue d’augmenter, les experts estiment que la prochaine phase de l’inclusion financière devrait se concentrer sur l’éducation des investisseurs. Développer une discipline émotionnelle et comprendre les préjugés comportementaux peut en fin de compte s’avérer plus utile que d’identifier le prochain gagnant du marché.