Malgré une ouverture croissante autour des conversations sur les fausses couches en Inde, la plupart des femmes continuent de souffrir en silence sur leur lieu de travail, et seule une petite proportion d’entre elles informent les employeurs de leur expérience, selon une nouvelle étude de Quest Global-YouGov India.
Le rapport, basé sur les réponses de 2 038 femmes et 220 hommes travaillant à temps plein, met en évidence la stigmatisation persistante et le manque de sensibilisation autour du soutien lié aux fausses couches sur les lieux de travail indiens.
En silence
L’étude a révélé que près de 89 % des femmes ayant fait une fausse couche n’en partageaient pas l’expérience avec leur employeur. Seules 21 % en ont informé leur service RH ou leur responsable, ce qui souligne leur réticence à discuter des fausses couches au travail.
Les femmes ont déclaré se sentir plus à l’aise pour discuter d’une fausse couche avec leur conjoint, les membres de leur famille et leurs amis qu’avec leurs supérieurs ou le personnel des ressources humaines, ce qui suggère que les systèmes de soutien professionnel restent inadéquats.
Dispositions relatives aux congés légaux
Ces conclusions surviennent malgré la loi de 2017 sur les prestations de maternité (modifiée) qui prévoit un congé lié à une fausse couche.
Seules 40 % des femmes ont déclaré savoir que la loi inclut le congé en cas de fausse couche, tandis que 35 % ont entendu parler de cette disposition mais manquent de détails. Un autre 25 % ignoraient totalement l’existence d’un tel congé.
De manière plus générale, seules 36 % des femmes déclarent comprendre parfaitement ce que couvre la loi sur les prestations de maternité. Près de la moitié ne connaissaient que partiellement la législation, tandis que 15 % ne connaissaient pas du tout la législation.
Ouverture sociale
Le rapport suggère que les attitudes à l’égard des fausses couches changent progressivement. Environ 71 % des femmes interrogées ont déclaré que la fausse couche est désormais ouvertement discutée dans la société, ce qui indique que les conversations autour de la fausse couche deviennent moins taboues.
Cependant, une plus grande ouverture sociétale ne s’est pas nécessairement traduite par un plus grand confort sur le lieu de travail.
Impact sur la carrière
Les préoccupations concernant les répercussions sur le lieu de travail continuent d’empêcher de nombreuses femmes de demander de l’aide.
Près de 40 % craignent d’être jugés par des collègues ou des managers, tandis que 38 % s’inquiètent d’une perte d’emploi ou d’effets négatifs sur leur carrière. Un tiers d’entre eux ont exprimé leur inquiétude quant au fait que des collègues ou des superviseurs apprennent des informations personnelles, et plus d’un quart craignent que la divulgation d’une fausse couche puisse affecter les promotions futures.
Près de 60 % des femmes ont également déclaré ressentir une pression pour « agir normalement » malgré des difficultés émotionnelles, tandis que plus de la moitié se sentaient attendues pour éviter de montrer leur vulnérabilité.
Une fausse couche affecte le travail et le bien-être
L’étude a révélé que les fausses couches ont un impact significatif sur la vie professionnelle.
Près de 78 % des personnes interrogées ont déclaré que cela affectait la charge de travail et la gestion des tâches, tandis qu’environ les trois quarts ont déclaré que cela affectait leur capacité à gérer leurs responsabilités quotidiennes et leur confiance au travail. Environ 73 % ont déclaré que cela affectait la stabilité économique et la sécurité de l’emploi.
Il a été constaté que le soutien organisationnel améliore à la fois la productivité et le bien-être émotionnel. Près de 63 % des femmes ont déclaré que les employés recevaient un soutien adéquat après une fausse couche, et les personnes interrogées ont signalé de meilleurs résultats lorsqu’un tel soutien était disponible.
Les modalités de travail flexibles, les congés payés et les conseils émotionnels sont apparus comme les formes d’assistance les plus recherchées.
Près de la moitié des femmes ont déclaré qu’une plus grande ouverture et empathie sur le lieu de travail les encouragerait à s’exprimer et améliorerait leur bien-être mental.
Le rapport suggère que même si les discussions sur les fausses couches sont de plus en plus courantes, les lieux de travail indiens ont encore un long chemin à parcourir pour créer un environnement dans lequel les femmes se sentent en sécurité lorsqu’elles recherchent de l’aide et exercent leurs droits légaux.